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StratégieCartographie

5 Jours Pour Migrer

Arthur Bour

Le problème que tout le monde connaît

La plupart des entreprises cartographient leur SI dans Excel. Le fichier commence petit, avec un onglet propre, puis il grossit progressivement. Trois onglets deviennent quinze, puis quarante. Les noms d'applications varient selon les contributeurs, les colonnes se multiplient sans logique commune. Au bout de six mois, une seule personne dans l'organisation maîtrise encore la structure du fichier. Quand cette personne est absente, l'information devient difficile d'accès.


Les schémas Visio ou Draw.io posent un problème différent mais tout aussi concret. Un diagramme d'architecture technique est précis le jour de sa création. Deux semaines plus tard, une application a changé de version, un flux a été redirigé, un service a été décommissionné. Le schéma, lui, reste figé. Sa mise à jour est repoussée parce qu'elle prend du temps, parce qu'elle est fastidieuse, parce qu'elle sera "faite au prochain audit".


Le résultat est prévisible. Quand un COMEX demande une vue du paysage applicatif, il faut deux jours pour assembler un PowerPoint à partir de sources contradictoires. Quand l'équipe sécurité demande la liste des flux entrants sur un périmètre donné, il faut fouiller trois fichiers et recouper manuellement. La cartographie existe, mais elle ne remplit plus sa fonction.


Ce constat n'est ni nouveau ni rare. C'est la réalité de la majorité des DSI qui n'ont pas encore basculé sur un outil dédié. Et la raison pour laquelle elles ne basculent pas est souvent la même : la crainte que la migration prenne des mois.


En pratique, ce n'est pas le cas. Avec une méthode structurée, cinq jours suffisent pour obtenir une première version exploitable dans Boldo.


Jours 1 et 2 : cadrage et nettoyage

Définir le Métamodèle dans Boldo

La tentation naturelle, à l'ouverture d'un outil d'Architecture d'Entreprise, est de vouloir tout modéliser d'emblée : applications, serveurs, bases de données, processus métier, capacités, risques, projets. C'est une erreur classique. Un métamodèle trop large au démarrage ralentit la migration et crée de la confusion.


L'approche qui donne les meilleurs résultats repose sur trois objets de départ : les applications, les flux de données et les processus métier. Les applications forment le cœur de l'inventaire. Les flux montrent qui envoie quoi à qui. Les processus créent le lien entre la couche technique et le métier. Ces trois objets couvrent les questions que les parties prenantes posent le plus fréquemment.


Boldo propose des templates de métamodèle conçus pour ce type de démarrage rapide, couvrant environ 80 % des cas d'usage courants. Les couches supplémentaires (infrastructure, données, capacités métier) peuvent s'ajouter par itérations successives, une fois que la base est stable et que les équipes se sont approprié l'outil.


Le grand nettoyage des fichiers Excel

C'est l'étape la plus déterminante du sprint. La qualité de la migration dépend directement de la qualité des données sources. Un import propre dans Boldo à partir d'un fichier mal structuré ne produira qu'un référentiel mal structuré.


Le premier chantier concerne le nommage. "SAP ECC", "SAP", "SAP ERP 6.0" et "le SAP de la compta" désignent la même application. Il est préférable de choisir un nom canonique et de s'y tenir. Un simple tri alphabétique sur la colonne "Nom" révèle la plupart des doublons en quelques minutes.


Le deuxième chantier concerne les champs manquants. Chaque application gagne à disposer, au minimum, d'un nom normalisé, d'un propriétaire métier (même approximatif à ce stade) et d'un statut de cycle de vie : en production, en construction ou en décommissionnement.


Le troisième chantier concerne le bruit. Les onglets "Archive", "Copie de Copie (2)", "Test JM" n'apportent rien au référentiel cible et peuvent être supprimés sans perte.


Ce travail de nettoyage représente entre quatre et huit heures selon la taille et l'état des fichiers. C'est un investissement rentable : chaque heure passée à ce stade en économise environ trois après l'import, en réconciliation et en correction.


Jours 3 et 4 : import et techniques de conversion

Import express des inventaires

Boldo dispose d'une fonctionnalité d'import avec mapping automatique. Le principe est simple : on charge le fichier Excel nettoyé, Boldo détecte les colonnes et propose un mapping vers les propriétés du métamodèle configuré aux jours 1 et 2. Il reste à valider ou ajuster le mapping, puis à lancer l'import.


Le mapping automatique reconnaît les intitulés courants (nom, description, statut, responsable, date de mise en production). Pour un inventaire de 200 à 500 applications, l'opération prend quelques minutes.


Un point pratique : il est plus efficace d'importer les applications en premier, puis les flux dans un second passage. Boldo crée les liens automatiquement lorsque les noms des applications source et cible correspondent à des objets déjà présents dans le référentiel.


Le problème des schémas Visio et Draw.io

C'est le point de friction le plus fréquent dans une migration. Les équipes possèdent souvent des dizaines de diagrammes représentant des flux, des architectures techniques ou des paysages applicatifs. Le réflexe naturel serait de les importer comme des images attachées aux objets. Ce serait une erreur, car une image pose exactement le même problème qu'avant : statique, non maintenable, déconnectée du référentiel.


La valeur d'un schéma Visio ou Draw.io ne réside pas dans les formes et les couleurs, mais dans les objets et les relations qu'il représente. Chaque boîte correspond à une application. Chaque flèche correspond à un flux. L'objectif est de transformer ces éléments visuels en objets connectés dans Boldo.

L'accélérateur IA

Les fichiers Draw.io (.drawio) et Visio (.vsdx) ne sont pas de simples images. Ce sont des fichiers structurés. Un fichier .drawio contient du XML décrivant chaque forme, chaque connecteur et chaque label. Un fichier .vsdx est une archive ZIP contenant plusieurs fichiers XML internes. Cette structure est lisible par un LLM.


La méthode se décompose en trois temps.


  1. La première phase consiste à extraire le XML source. Pour Draw.io, le fichier .drawio est déjà du XML brut. Pour Visio, il suffit de décompresser le .vsdx et de récupérer les fichiers XML internes.
  2. La deuxième phase consiste à soumettre ce XML à un LLM (ChatGPT, Claude ou un autre). Le prompt demande d'extraire la liste de tous les éléments (nœuds) avec leur label, et la liste de toutes les connexions (arêtes) avec leur source et leur cible. Le format de sortie attendu est un CSV en deux tableaux : un pour les objets, un pour les relations.
  3. La troisième phase consiste à importer le CSV généré dans Boldo via la fonctionnalité d'import standard.


Le gain de temps est considérable. Sur un parc de 20 à 30 diagrammes, cette technique économise des dizaines d'heures de ressaisie manuelle. Les relations et les flux de données sont extraits automatiquement du code XML, et le fichier d'import est directement compatible avec Boldo.


Une précision sur la feuille de route produit : une fonction native de conversion Draw.io et Visio est prévue dans Boldo, sans recours à un LLM externe. À plus long terme, fin 2026, l'ambition est d'aller plus loin avec une fonction capable de transformer n'importe quel fichier (image, compte-rendu d'interview, document texte) en une modélisation structurée directement exploitable dans Boldo.


Consolidation

À ce stade, Boldo contient deux sources de données : les objets importés depuis Excel (l'inventaire) et les objets extraits des schémas (flux et relations). Ces deux sources doivent être réconciliées.


Boldo détecte les doublons potentiels par matching sur le nom. Si "SAP ECC" existe déjà depuis l'import Excel, l'objet extrait d'un schéma Draw.io sera proposé en fusion plutôt qu'en création. Les flux extraits des diagrammes viennent enrichir les fiches des applications existantes. L'inventaire plat devient un graphe connecté.


Cette phase de réconciliation présente aussi un bénéfice collatéral précieux : elle met en lumière les incohérences. Des flux pointant vers des applications absentes de l'inventaire, des applications n'apparaissant dans aucun schéma, des dépendances que personne n'avait formalisées. C'est un exercice d'assainissement autant qu'un exercice technique.


Jour 5 et au-delà : gouvernance et valeur

Désigner les propriétaires

Une cartographie sans propriétaire identifié se dégrade en quelques mois. Dès le cinquième jour, chaque application critique gagne à avoir un Owner métier assigné. Dans Boldo, il s'agit d'une propriété native de chaque objet.


Un rythme de revue mérite aussi d'être défini. Une fréquence trimestrielle pour les applications critiques et semestrielle pour le reste couvre la plupart des besoins. Boldo peut envoyer des rappels automatiques aux Owners pour qu'ils confirment que les informations sont toujours à jour.


Les règles de gouvernance n'ont pas besoin d'être complexes au départ. Deux questions sont un bon point de départ : qui peut créer un nouvel objet dans le référentiel, et qui valide une décommission.


Ajuster les vues graphiques

Boldo génère des vues automatiquement à partir du référentiel. Ces vues par défaut constituent un bon point de départ, mais elles gagnent à être personnalisées selon les audiences.


Une vue "paysage applicatif" organisée par domaine métier répond aux attentes du COMEX. Une vue "flux de données" focalisée sur les processus critiques répond aux besoins des équipes sécurité et conformité. Les couleurs et le layout gagnent à rendre la vue compréhensible sans commentaire oral. Si chaque boîte du diagramme nécessite une explication, la vue peut probablement être simplifiée.


Montrer plutôt que raconter

Le retour sur investissement d'une migration vers Boldo se mesure concrètement lors du premier comité d'architecture post-migration.


Au lieu de projeter un tableau Excel, l'architecte ouvre Boldo et navigue en direct. Un clic sur une application affiche ses dépendances, ses flux et son propriétaire. La question "quelles applications sont impactées si ce middleware est coupé ?" trouve sa réponse en quelques secondes, là où elle prenait auparavant deux jours de recherche dans un tableur.


Les vues Boldo sont partageables par lien. Les parties prenantes peuvent explorer l'architecture de manière autonome, au bon niveau de détail, sans attendre qu'un architecte leur prépare un export dédié.



Récapitulatif du sprint

JourActivitéLivrable
J1Cadrage du métamodèle dans BoldoMétamodèle configuré (applications, flux, processus)
J2Nettoyage des fichiers ExcelFichiers sources standardisés et dédoublonnés
J3Import des inventaires et extraction IA des schémasDonnées chargées dans Boldo
J4Consolidation et réconciliationRéférentiel unifié et connecté
J5Gouvernance, vues et première démoCartographie vivante, prête à être présentée



Lancer le sprint

La méthode est documentée et le calendrier est réaliste. Le mode Self-Service de Boldo permet de démarrer sans attendre une session de consulting.

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L'équipe Customer Success propose aussi des sessions d'onboarding guidé pour accompagner les deux premiers jours. Il suffit de nous contacter.